La chaîne des ressources éducatives au cœur des réformes : retour sur un webinaire riche en échanges et perspectives

Date de publication : 29/04/2026

Le jeudi 23 avril 2026 a eu lieu le Webinaire de présentation du guide méthodologique d’analyse diagnostique des ressources éducatives et aux retours d’expériences des pays. 

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Webinaire

Comment améliorer concrètement la production et la diffusion des ressources éducatives ? Avant même de parler de solutions, plusieurs pays font aujourd’hui un même constat : il faut d’abord mieux comprendre comment fonctionne toute la chaîne, de la conception des contenus jusqu’à leur utilisation en classe.

C’est précisément l’objectif du guide méthodologique d’analyse diagnostique présenté par Mariama Sagna, Coordinatrice de programmes en Éducation à l’UNESCO Dakar. « L’analyse diagnostique permet de porter un regard systémique sur toute la chaîne des ressources éducatives », a-t-elle rappelé. Autrement dit, ne plus regarder les problèmes de manière isolée, mais comprendre comment ils s’articulent entre eux.

Le guide repose sur une approche structurée autour de quatre objectifs : rendre visibles les choix stratégiques (même implicites), analyser les pratiques à tous les niveaux, identifier les causes des dysfonctionnements et proposer des recommandations concrètes. Pour cela, il s’appuie sur sept dimensions clés : les facteurs socio-économiques et culturels, l’accessibilité des manuels et guides, la pertinence des contenus, la disponibilité des matériels didactiques, la gestion de l’édition et de la distribution, l’intégration du numérique, ainsi que le coût et le financement des ressources éducatives.

Les résultats issus des premiers pays analysés sont sans appel : pénurie de manuels, difficultés d’acheminement, contenus parfois inadaptés, formation insuffisante des enseignants. Des constats connus, mais qui, mis en perspective de manière structurée, permettent de dégager des priorités d’action beaucoup plus claires.

C’est ce passage du diagnostic à la réflexion stratégique qu’ont illustré les interventions des pays. Au Togo, Koffi Sena Agbozoh, Inspecteur général de l’éducation (IGE) au ministère des Enseignements Primaire, Secondaire, Technique et de l’Artisanat (MEPSTA), a expliqué comment l’analyse a permis de mieux cerner les blocages, notamment en matière de distribution et d’accès.

Mais il a aussi rappelé une réalité très concrète : « le principal défi reste la connectivité et l’accès à l’électricité ». Un rappel que, derrière les politiques, les contraintes matérielles restent déterminantes pour garantir l’équité.

Aux Comores, Bakary Mouze Mogné, du Secrétariat technique permanent du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement, de la Recherche scientifique, de la Formation et de l’Insertion professionnelle (MENERSFIP), chargé de la coordination avec les partenaires techniques et financiers, a insisté sur un autre enjeu clé : l’appropriation. L’analyse ne prend tout son sens que lorsqu’elle est intégrée aux processus nationaux.

Dans ce cas, elle devient un véritable levier pour structurer les politiques éducatives, avec l’ambition de construire « un système équitable, durable et performant de production et de distribution des ressources éducatives ».

Au-delà des expériences nationales, Oswald Koussihouède, Chef de la coopération technique et analyste principal des politiques éducatives à l’Institut international de planification de l’éducation de Dakar (UNESCO-IIPE), a élargi la réflexion.

Les ressources éducatives, a-t-il rappelé, ne peuvent être dissociées de la qualité globale du système éducatif. Elles s’inscrivent dans un ensemble plus large qui inclut les conditions d’apprentissage, l’environnement scolaire et les pratiques pédagogiques. Cette approche est d’ailleurs au cœur des évolutions des Rapports d’État du Système Éducatif National (RESEN), qui intègrent de plus en plus ces dimensions pour mieux comprendre les écarts de performance.

Les échanges ont également permis de clarifier des questions très concrètes. Le rôle des bibliothèques nationales, par exemple, a été précisé, tout comme celui des bibliothèques scolaires, davantage tournées vers les besoins pédagogiques. La question des ressources éducatives libres a aussi suscité un vif intérêt, certains pays ayant fait le choix de licences ouvertes pour faciliter l’accès et le partage.

Plus largement, les discussions ont fait émerger des enjeux transversaux : la place du numérique, les défis d’inclusion, mais aussi la question de la souveraineté.

Comme l’a résumé Youssouf Ouattara, Responsable principal du projet Ressources éducatives à l’UNESCO Dakar, pour cette question, « la souveraineté ne signifie pas se fermer, mais être capable de produire avec ses ressources propres pour répondre à ses besoins tout en restant ouvert à la coopération ».

En filigrane, une idée forte se dégage : l’analyse diagnostique n’est pas une fin en soi. Elle constitue un point de départ. Un outil pour mieux comprendre, mieux décider et, surtout, mieux agir. Et si les défis restent nombreux, une dynamique est bien enclenchée : celle de systèmes éducatifs qui cherchent à s’appuyer sur des données solides pour transformer durablement l’accès à des ressources éducatives de qualité.

 

 

Revoyez le webinaire ici, et consultez les présentations ainsi que le résumé de la session ci-bas.

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Présentations

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Résumé de la session