Sept pays africains repensent leur chaîne des ressources éducatives

Date de publication : 02/06/2026

Du Bénin à la République centrafricaine, en passant par le Sénégal, le Togo, les Comores, Madagascar et le Burkina Faso, sept pays africains se sont engagés dans une démarche inédite pour mieux comprendre, structurer et renforcer leur chaîne des ressources éducatives. Grâce à une méthodologie développée par le projet Ressources éducatives en collaboration avec les pays cibles, des compétences nationales renforcées et des stratégies en cours d’intégration dans les politiques éducatives, une dynamique régionale est désormais en marche. Une dynamique qui montre qu’investir dans les ressources éducatives, c’est investir dans les conditions et les situations d’apprentissage — et qui pourrait aujourd’hui être amplifiée bien au-delà de ces premiers pays engagés.

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Comprendre toute la chaîne des ressources éducatives

Dans une salle de classe, les apprentissages reposent sur plus que les manuels scolaires. Le guide méthodologique d’analyse des stratégies de production et de diffusion des ressources éducatives développé dans le cadre du projet Ressources éducatives rappelle que le processus éducatif mobilise plusieurs catégories de ressources : les infrastructures scolaires, les ressources humaines et les ressources matérielles destinées à l’enseignement et à l’apprentissage.

Le guide concentre son analyse sur cette dernière catégorie : les ressources directement utilisées dans l’acte pédagogique. Cela inclut notamment les manuels scolaires, les guides pédagogiques, le matériel didactique, les fournitures d’apprentissage, les ressources pédagogiques numériques et les ressources éducatives libres.

Derrière ces ressources se trouvent des enjeux essentiels : qualité des contenus, adéquation avec les curricula, production locale, financement, diffusion, disponibilité, accès, usage réel dans les classes ou encore gouvernance du système.

Dans de nombreux contextes, produire une ressource éducative ne garantit pas qu’elle atteigne efficacement les enseignants et les élèves qui en ont besoin.

Comment les ressources sont-elles conçues, produites, distribuées, utilisées et pilotées ? Comment identifier les blocages et construire des réponses durables ? C’est autour de ces questions que sept pays du projet se sont engagés dans un vaste processus d’analyse diagnostique de leur chaîne des ressources éducatives dans le cadre du projet mis en œuvre par UNESCO avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD).

Une méthodologie commune, adaptée aux réalités nationales

Pour accompagner cette démarche, un guide méthodologique régional a été élaboré selon une approche participative. En cours de réédition afin de renforcer sa diffusion et son accessibilité, ce guide propose une méthodologie structurée et adaptable aux réalités nationales.

L’objectif est de permettre aux pays de disposer d’analyses solides pour mieux orienter leurs politiques publiques en matière de ressources éducatives.

Au total, 116 experts nationaux ont été formés à l’analyse des stratégies de production et de diffusion des ressources éducatives dans leurs contextes nationaux. Ce processus a permis un véritable transfert de compétences vers les équipes nationales et renforcé leur capacité à produire des analyses fondées sur des données locales.

Dans chaque pays, les exercices diagnostiques ont mobilisé une diversité d’acteurs : ministères de l’Éducation, des technologies de l’information et la communication, énergie, spécialistes du curriculum, statisticiens, acteurs du numérique éducatif, partenaires techniques et financiers ou encore professionnels de l’édition et de la diffusion.

Au-delà des diagnostics eux-mêmes, cette dynamique a permis de renforcer une expertise désormais ancrée dans les pays.

Du diagnostic à l’action

Les analyses menées ne constituent pas une finalité en soi. Elles doivent servir de base à l’élaboration de stratégies nationales de production et de diffusion des ressources éducatives.

Au Togo, une stratégie nationale incluant une simulation des coûts a été finalisée. Aux Comores, la stratégie nationale a été validée et intégrée à la planification du secteur éducatif. En République centrafricaine, la stratégie nationale a été validée en mars 2026, marquant une étape importante du processus.

Au Sénégal, les résultats du diagnostic contribuent aux réflexions sur de la révision du plan d’amélioration du système éducatif. À Madagascar et au Bénin, les processus se poursuivent avec l’ambition de renforcer l’intégration des ressources éducatives dans les politiques publiques et les mécanismes nationaux de financement.

Ces avancées montrent qu’une meilleure compréhension de la chaîne des ressources éducatives permet non seulement d’identifier les défis, mais aussi de construire des réponses plus cohérentes, plus durables et mieux adaptées aux réalités nationales.

Une dynamique à amplifier

Les ressources éducatives restent encore trop souvent invisibles dans les débats sur la transformation des systèmes éducatifs, alors même qu’elles soutiennent chaque étape de l’apprentissage.

L’expérience engagée dans ces sept pays démontre à cet effet, qu’il est nécessaire d’engager une approche fondée sur les capacités nationales, les données locales et une vision systémique des ressources éducatives.

Une méthodologie est rendue disponible. Des outils ont été développés. Des capacités nationales ont été renforcées. Et une dynamique régionale est déjà engagée.

L’enjeu aujourd’hui est de poursuivre et d’amplifier ce mouvement : accompagner davantage de pays, renforcer les investissements dans les ressources éducatives de qualité et soutenir l’intégration durable de ces enjeux dans les politiques publiques.

Comprendre et renforcer la chaîne des ressources éducatives, c’est aussi construire des systèmes éducatifs plus résilients, plus équitables et mieux préparés aux défis de demain.